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En guise d’introduction à la phytothérapie, nous avons choisi
de nous attaquer à trois idées reçues.
Idée reçue n°1 : Les plantes ne sont pas
des remèdes aussi puissants que les médicaments de synthèse,
se soigner avec les plantes ne présente aucun risque.
Détrompez-vous : vous n’êtes pas sans savoir que certaines
plantes, comme la colchique par exemple sont extrêmement toxiques au point
de pouvoir tuer si on en ingère un peu trop. Par ailleurs, certaines
autres sont tout aussi efficaces que les médicaments de synthèse.
Akhondzadeh et al. (2001) ont comparé par exemple l’effet de la
passiflore à celui d’un anxiolytique classique pour combattre l’anxiété.
Ils en ont déduit que la plante présentait même un avantage
par rapport au médicament de synthèse puisqu’elle produisait
nettement moins d’effets secondaires. Il en va de même pour le millepertuis
qui, dans la plupart des recherches publiées s’avère aussi
efficace que les antidépresseurs classiques dans le cas des dépressions
légères et modérées (pour une comparaison avec la
fluoxetine (Prozac®) par exemple, voir Behnke, Jensen, Graubaum, Gruenwald.,
2002).
Idée reçue n°2 : Les plantes sont les médicaments
du passé, elles n’ont plus rien à nous apprendre.
Là encore, vous seriez surpris de savoir que de nombreux laboratoires
sont en permanence à la recherche de nouvelles plantes pour en commercialiser
les extraits ou pour s’inspirer de leurs substances actives : en témoigne
l’affaire récente de la maca aussi appelée ginseng péruvien
qui a été emportée par un voyageur dans ses bagages pour
le solde d’une firme américaine. Cette dernière a déposé
un brevet sur une préparation à base de cette plante ce qui malheureusement
empêche les laboratoires péruviens d’exporter leurs préparations.
La plante serait un aphrodisiaque « psychologique », pouvant se
substituer au viagra, mais n’en présenterai ni les effets secondaires,
ni les risques.
Idée reçue n°3 : Les plantes ne sont pas
rentables.
C’est ce qu’on pourrait croire lorsqu’on se rend dans une
pharmacie française. Prenons l’exemple du millepertuis à
nouveau. Lorsque j’ai cherché à m’en procurer, mon
pharmacien m’a dit : « nous n’avons que cela ». Il s’agissait
de gélules Arkopharma (42 gélules contenant 185mg d’extrait,
soit 7 jours de traitement) à un peu plus de 10 €. J’ai donc
envisagé de cultiver la plante. Quelques mois plus tard, je me rends
en Allemagne (ou pourtant la vie est plus chère qu’en France) chez
un ami, et je tombe par hasard dans une grande surface sur une préparation
à base de millepertuis : 240 dragées de 300 mg (80 jours de traitement)
à 3 € environs ce qui fait 0,26 € pour 7 jours de traitement
: 97,4 % moins cher. Des différences du même ordre ont été
relevées sur l’échinacée, le chardon-marie et j’en
passe. A ce prix là, les plantes sont bien moins chères que leurs
concurrents chimiques … Aussi efficaces, moins d’effets secondaires,
moins chères, … Alors pourquoi ne les utilise-t-on pas plus en
France ? C’est peut-être que certains ont tout intérêt
à ce que nous ne changions pas nos pensées … Que deviendrait
la merveilleuse industrie pharmaceutique (dont les acteurs semblent prêts
à tout - résultats dissimulés (Viox®), marges arrières,
soudoiement des médecins - pour placer leurs produits) et les pauvres
pharmaciens (pas tous heureusement) si ils étaient obligés de
commercialiser des plantes sur lesquelles on ne pourra bientôt plus déposer
de brevet ? Ou pire … Si nous trouvions à notre portée des
médicaments tout aussi efficace que les leurs, simplement en nous promenant
dans la nature ??? Tels sont les véritables enjeux de la phytothérapie.
En somme, si aujourd’hui il faudrait être fou pour nier l’apport
des médicaments chimiques (qui dans certains cas sont incontournables),
il n’en reste pas moins que dans bien des cas il existe des ersatz naturels
du point de vue des propriétés, qu’il convient de ne pas
sous-estimer, qui sont souvent mieux tolérés et presque toujours
moins chers. De plus, certaines plantes sont susceptibles d’apporter des
solutions là où les molécules chimiques s’arrêtent.
Malheureusement, pour y avoir accès, il faut commencer par changer notre
façon de penser, ce qui n’est pas l’intérêt
de tout le monde …
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